Peugeot 308 GTi. Ballon d’oxygène
Moteur 1.6 de 200ch à injection directe d’essence, turbo haute pression à double entrée, levée variable de soupapes et, surtout, trois lettres emblématiques… la Peugeot 308 GTi est la bonne surprise des vacances. Il lui reste à réussir sa rentrée. GTi . Trois petites lettres magiques qui ont fait rêver toute une génération de passionnés et réveillent aujourd’hui la petite flamme. Trois lettres qui nous ramènent aux années 1980, époque où l’optimisme était encore d’actualité et le moral au beau fixe, même si les chocs pétroliers étaient déjà passés par là. En 2010, l’ambiance a changé. Mais plus on nous parlera crise économique, chômage, récession, pollution, économie de carburant, réduction de CO2, vitesse excessive, radars automatiques, et plus nous aurons besoin d’une soupape, d’un espace de liberté. Quoi qu’en disent les grincheux, la voiture reste un objet d’émotion, de sensations, de plaisir. D’autant que, aujourd’hui, s’évader en GTi ne signifie pas se moquer des éléments cités plus haut. Les constructeurs l’ont compris et ont su faire écouler leurs « bombinettes ». Ainsi, après de nombreuses années sans, Peugeot renoue avec l’appellation mythique. Forcément, la 308 GTi est attendue au tournant.

La conduite. « on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau ! ». Fini, le turbo « coup de pied au c… ! ». Oubliée, la direction un peu lourde qui impose d’avoir des petits bras musclés. Terminé, le train arrière qui gigote et exige un minimum de savoir-faire pour ne pas se laisser surprendre. La 308 GTi, millésime 2010, se révèle bien plus civilisée que ses aïeules, 205 ou 309. Assagie, embourgeoisée, diront sans doute les mauvaises langues. Chronomètre en main, elle n’a pourtant pas à rougir de la comparaison avec ses rivales (WV Golf GTI, Seat Léon FR…), ni même avec son jumeau, le coupé RCZ, avec lequel elle partage bon nombre d’éléments, en premier lieu ce moteur 1.6 http (turbo haute pression) de 200ch issu de la collaboration avec BMW. Avec un couple de 275 Nm disponible dès 1700 tr/mn et une boîte de vitesses à 6 rapports comme parfaite alliée, il soigne performances et agrément. Pour flatter les mélomanes, sa sonorité a même été particulièrement travaillée. Et la mise au point de la technologie Sound System est plutôt réussie. Il s’agit d’une membrane vibrante qui gère l’intensité du son, de manière à le magnifier à l’accélération sans pour autant vous mettre la tête comme une Cocotte-minute à vitesse stabilisée. L’excellence de trains roulants de la 308 n’est plus à démontrer, et les modifications apportées à cette version GTi – pivots du train avant modifiés, châssis abaissé de 10 mm, lois d’amortissement spécifiques – améliorent encore l’efficacité et la précision. La direction, suffisamment incisive, contribue également au plaisir de conduite. Mais c’est vrai qu’il lui manque en grain de folie, à cette 308 GTi ! Elle n’a pas ce côté sauvageonne, si attachant parce qu’on ne s’ennuie jamais au volant, et qu’il n’est pas nécessaire de la pousser dans ces derniers retranchements pour s’offrir quelques sensations. Il faut dire que son profil façon monospace st moins avantageux que celui du RCZ pour en faire la sportive de l’année. La tenue de route conserve inévitablement les traits de caractère d’une berline compacte qui atteint 1,49 m de hauteur. La 308 GTi préfère aussi préserver une certaine douceur de commandes et ménager le confort de suspension. Malgré sa monte de 18 pouces, elle absorbe encore très bien les irrégularités de la route. Les plus exigeants trouveront peut-être la commande de boîte un peu trop souple et ses débattements trop longs.
La vie à bord. Avec les badges GTi (le i écrit en rouge, s’il vous plaît !), ses boucliers plus musclés, son becquet, son diffuseur arrière noir brillant et sa double sortie d’échappement chromé, la 308 GTi a fière allure et fait son petit effet dans la circulation, tout en ayant le bon goût de ne pas tomber dans le n’as-tu-vu d’une Ford Focus RS ou d’une Renault Mégane RS. Malheureusement, le traitement intérieur n’est pas aussi spécifique : il joue plutôt la carte du sport chic que celle de vraie sportive. La mise est certes soignée, les matériaux de qualité (pédalier, repose-pied, pommeau de levier de vitesses en alu, volant sport en cuir, façade noir laqué…), mais ces éléments sont pour l’essentiel repris de la version huppée Féline. Un peu plus d’exclusivité n’aurait pas été superflu. Toutefois, les sièges baquet sont parfaits et compètent idéalement le confort de suspension. Et pour ne rien gâcher, ils s’habillent même partiellement de cuir. GTi ou pas, il faut bon voyager en 308, surtout lorsqu’elle bénéficie d’un traitement haut de gamme avec de nombreux équipements de confort. Elle s’apprécie toujours énormément pour sa sensation d’espace. A l’arrière, la place pour installer ses jambes reste assez comptée, mais la garde au toit élevée favorise la position des grands et contribue à donner cette impression d’habitacle aéré, encore renforcée à l’avant par la console centrale inclinée.
Le budget. Désavantagée par une aérodynamique d’armoire nomande assez éloignée de celle attendue chez sportive, la 308 se révèle plus gourmande que prévu. En effet, le 1.6 THP se montre mois raisonnable sous son capot que sous celui du coupé RCZ (7,8 l/100 km en moyenne) ou de certaines BMW et Mini. Néanmoins, les 8,9 L/100 km exigés par la 308 GTi n’ont rien de scandaleux au vu de l’agrément et des performances, et restent dans la norme des concurrentes. La 308 GTi se fait d’autant mieux par bonheur qu’elle s’avère relativement accessible à l’achat. Elle impose certes un malus de 200 EURO, mais elle est bien moins chère qu’une Golf GTi (3000EURO) qu’un RCZ avec le même moteur (3500EURO) OU MÊME QU’UNE 308 2.0 hdi 140 Féline. En autre, excepté le GPS, elle inclut toute la panoplie d’équipements d’agrément (allumage automatique des phares, détecteur de pluie, climatisation automatique…) et de sécurité (airbags, ESP…) désormais en vigueur.
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